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Les méthodes d’analyses de laboratoire

mercredi 11 septembre 2019, par Tradetnet

Autopsie :

L’autopsie des oiseaux, lorsqu’elle est menée par des personnes compétentes, permet souvent de confirmer ou de suspecter des causes de morts autres qu’une atteinte par un influenza hautement pathogène (comme le H5N1 par exemple). Elle peut permettre également de suspecter une peste aviaire, sur la base de groupes de lésions classiquement décrits ou encore observés lors de l’épisode de l’élevage de dindes de l’Ain.

Néanmoins, l’autopsie ne permet pas le diagnostic de certitude de l’IAHP, qui ne présente aucune lésions pathognomoniques. De plus, l’état de conservation des cadavres d’oiseaux sauvages découverts altère régulièrement la spécificité des observations réalisables (développement post-mortem de lésions d’autolyse et de putréfaction). L’autopsie est donc utilisée en outil de screening, en vue d’écarter de la chaîne d’analyses spécifiques les cas où une autre cause certaine de mortalité est identifiée. Tous les laboratoires départementaux équipés de salle d’autopsie et compétents prennent en charge les cadavres d’oiseaux sauvages en vue de la recherche éventuelle d’IAHP H5N1.

Histologie :

L’examen histologique présente dans le cas des Influenza à peu près les mêmes caractéristiques que l’autopsie : possiblité d’identifer d’autres causes certaines de mortalité, sans possibilité de diagnostic spécifique d’atteinte par un Influenza. L’examen histologique est encore plus sensible aux lésions post-mortem que l’autopsie et est rendu impossible en cas de congélation des cadavres, ce qui est une pratique éventuellement utile entre la découverte et la mise en analyse. Enfin, l’examen histologique fait appel à des compétences spécifiques qui ne sont pas l’apanage de la plupart des laboratoires de terrain. Pour le diagnostic, on lui péfère donc des méthodes de biologie moléculaire. Couplé à des marquages immunologiques, l’examen histologique est surtout dans ce contexte un outil d’étude et de recherche.

Virologie :

L’examen des effets d’une inoculation expérimentale à des oeufs de poules embryonnés constitue l’examen de référence en terme de sensibilité et de spécificité du caractère hautement pathogène. La culture virale permet également de constituer et conserver des échantillothèques virologiques et génétiques. En pratique, le recours à la virologie est urgent en cas de suspicion d’infection en élevage industriel de volailles. Les examens virologiques permettent de mettre en évidence le caractère hautement pathogène des influenzas aviaires. Trois laboratoires départementaux sont agréés pour la virologie Influenza aviaire (01 Ain, 22 Côtes d’armors, 40 Landes).

Sérologie :

La recherche d’anticorps sur prises de sang est réservée à la surveillance et au diagnostic de l’éventuelle atteinte de volailles en élevage commercial. Elle se réalise dans un laboratoire agréé. La méthode IHA est utilisée pour la mise en évidence d’anticorps circulants dirigés contre les sérotypes H et N. Pratiquement tous les contacts avec un influenza virus de type A positivent l’IHA. Les élevages français sont surveillés par sérologies échantillonnées (surveillance et contrôles officiels).

Immunologie :

La recherche d’antigènes caractéristiques (Influenza type A) par méthodes immuno-enzymatiques (ELISA) est possible. Elle peut être réalisée à partir d’écouvillons trachéaux et/ou cloaquaux. Suivant la nature et la qualité des prélèvements, la sensibilité et la spécificité peuvent être extrêmement variables. Leur utilisation est pratiquement réservée, dans le cadre de la surveillance d’atteinte à H5N1 aux suspicions cliniques en élevage (analyses de lots), dans les pays en voie de développement. L’absence de spécificité vis à vis de l’IAHP H5N1 et l’incertitude de sensibilité sur prélèvements disponibles (oiseaux sauvages trouvés morts) ont justifié jusqu’à présent leur absence des méthodes reconnues ou utilisées en France.

Génétique moléculaire :

La mise en évidence de gènes (M ou codant pour H5) par méthode polymérisation en chaîne en temps réel (RT PCR) est l’analyse spécifique et sensible retenue pour la surveillance de l’influenza aviaire hautement pathogène H5N1 dans l’avifaune sauvage. Actuellement, dix Laboratoires Départementaux ont été choisis et agréés par le Ministère de l’Agriculture pour réaliser ces recherches en France. En cas de résultat positif, c’est le Laboratoire National de Référence (LNR)qui termine l’identification et confirme la présence du H5N1 HP, le cas échéant.

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