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Un peu de vocabulaire

mercredi 11 septembre 2019, par Tradetnet

« Grippe du poulet » a-t-on écrit ?

En termes vétérinaires académiques, la « grippe du poulet » n’existe pas.

Ce terme a été créé par les médias après que dans les années 90, une épizootie particulièrement grave de peste aviaire (touchant donc des volailles domestiques ou en captivité, surtout poulets, dindes et autres…) se fut répendue en Asie du Sud Est (Chine, Thaïlande). Ce n’est qu’en 2003, que la Corée du Sud déclare le premier foyer de peste aviaire à Influenza hautement pathogène de sous-type H5N1. Les caractéristiques remarquables de ce sous-type ont fait naître le terme purement journalistique de « grippe du poulet », devenu pragmatiquement par la suite « grippe aviaire ».

Pourquoi avoir nommé grippe ce qui est considéré, sur le plan vétérinaire, comme une peste ?

La réponse se trouve dans les aspects cliniques (symptômes) et épidémiologiques (« contagiosité », espèces réceptives et sensibles…) des maladies, qui varient comme les influenzavirus varient dans leur composition et donc leurs effets.

- Le terme de peste décrit tout simplement un fléau, toute épidémie (ou épizootie) particulièrement mortelle. « Un mal qui répend la terreur » comme ecrivit Jean de La Fontaine. En médecine humaine, le terme est généralement employé pour parler de l’infection par une bactérie : Yersinia pestis. On précise alors peste « bubonique », « pneumonique », « septicémique » voir « noire ».

- Le terme de grippe décrit une maladie virale qui « attrape soudainement », est très contagieuse et donne des syptomes respiratoires (toux) et fébriles (fièvre), avec pour la grippe humaine, parce que l’homme les ressent, des myalgies (douleurs musculaires). « Influenza » et « grippe » sont synonymes en médecine humaine. En anglais, « flu » signifie grippe. Certaines grippes humaines, habituellement hivernales et relativement peu dangereuses, sont particulièrement contagieuses et mortelles : On parle alors de « pandémies de grippe » ou « pandémies grippales », lorsqu’elles sont causées par des influenzavirus qui ont particulièrement et brutalement muté en ce sens.

- En médecine vétérinaire , la variabilité des influenzavirus rencontrés chez les oiseaux (type A) se traduit généralement par l’absence de symptômes (influenzavirus faiblement pathogènes, qui correspondent à des « grippes aviaires » si quelques symptômes sont observés, sans autre conséquence remarquable). Dans certains cas, certains influenzavirus provoquent des épidémies particulièrement contagieuses et mortelles en élevage (une grande part des élevages atteints disparaissent en quelques jours). Les vétérinaires appellent donc « pestes » les épizooties à influenzavirus hautement pathogènes (IAHP), qu’ils n’ont jusqu’à présent observé qu’en élevage de volailles et particulièrement de poulets (quantitativement les plus importants). Les influenzas responsables de pestes aviaires ont infecté classiquement et spécifiquement (comme dans le cas du H5N1) des personnes se trouvant au contact étroit et prolongé de volailles vivantes, infectées et excrétrices (éleveurs de volailles, techniciens et vétérinaires de terrain en élevage de volailles …).

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